Iqra' – Proclame !

En mémoire de Charles-André Gilis — Sidi Abd ar-Razzâq Yahyâ

— Chronologie —
La vie de Charles-André Gilis
en quelques dates

Sidi Abd ar-Razzâq Yahyâ en 2013

12 août 1934 — Naissance à Louvain, dans l’ancienne province belge de Brabant.
Charles-André Gilis est issu d’une famille flamande parfaitement francophone.

1958 — Découverte de l’œuvre de René Guénon à partir des références trouvées dans L’Islam et le Graal de Pierre Ponsoye, ouvrage composé sous la direction de Michel Vâlsan.

1959-1960 — Premier séjour de six mois au Congo-Léopoldville.
Enquête sur le mouvement kimbanguiste et rencontre avec le Révérend Père Placide Tempels au Katanga.

1961 — Retour au Congo qui a obtenu son indépendance en juin 1960.
Charles-André Gilis occupe un poste de Conseiller technique au Ministère des Affaires étrangères.

1963 — Charles-André Gilis fait la connaissance du premier Président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kasa-Vubu, dont il devient le biographe.

1964 — Il intègre le Cabinet présidentiel et rédige les discours du Président.

1965 — Coup d’état militaire de Joseph-Désiré Mobutu.
Charles-André Gilis est relégué aux Affaires étrangères.

1967 — Départ forcé du Congo.
De retour en Europe, il se met en relation avec Frithjof Schuon et Michel Vâlsan,
puis part au Liban afin d'apprendre la langue arabe.

1968 — Du Liban il gagne Damas pour approfondir sa connaissance de l’arabe.

1969 — C'est auprès de Michel Vâlsan que Charles-André Gilis choisit d'entrer en islâm ; il devient son disciple quelques mois plus tard
sous le nom d’Abd ar-Razzâq Yahyâ.
Rupture concomitante avec Frithjof Schuon.

1971 — Premier Pèlerinage à La Mecque.

1972 — Publication dans les Études Traditionnelles (n°432-433) du compte rendu critique sur le Yoga tantrique de Julius Evola, première publication de
Sidi Abd ar-Razzâq sous la direction de son maître.

1974 — Décès de Cheikh Mustafâ, dans la nuit du 25 au 26 novembre
(11 Dhû-l-Qi‛da 1394 H).
Sidi Abd ar-Razzâq accepte de prendre la direction éditoriale des Études Traditionnelles, suite à la demande de son propriétaire, André Villain, afin d’assurer la continuité de la revue.

1975 — Dès janvier, Sidi Abd ar-Razzâq est investi d’une fonction d’imâm au sein de la communauté de son maître décédé.

1977 — Départ de la direction des Études Traditionnelles après que son texte « À propos d’un Colloque sur René Guénon » a été refusé.

1978 — Deuxième Pèlerinage à La Mecque où le projet d’écrire La Doctrine initiatique du Pèlerinage prend forme.

1982 — Publication de La Doctrine initiatique du Pèlerinage.

1985 — Le fils aîné de Cheikh Mustafâ, Sidi Muhammad Vâlsan, impose sa direction auprès des anciens disciples de son père. Sidi Abd ar-Razzâq est écarté de l’imâmat.

1990 — Sidi Muhammad Vâlsan décide d’exclure Sidi Abd ar-Razzâq pour avoir publié Marie en Islam sans son autorisation.

1997 — Décès de son fils aîné Amîn — rahimahu-Llâh.
Premier voyage au Mali dans un village soninké situé près de la frontière mauritanienne. D’autres voyages suivront dans la décennie suivante.
Publication du Livre des Chatons des Sagesses, première traduction intégrale en langue française des Fusûs al-Hikam d’Ibn Arabî.

2014 — Parution de René Guénon 1907-1961, qui marque l’achèvement de son œuvre.

2022 — Sidi Abd ar-Razzâq se retire dans sa résidence d’Ixelles en Belgique, où il décède le 3 juillet 2025 (7 Muharram 1447 H) — radiya-Llâhu ‘anhu.
Il laisse derrière lui une œuvre dense, composée d'une trentaine de publications étalées sur près d'un demi-siècle.

— Actualité —

— Proclame ! —

L'intégrité islamique, ni intégrisme ni intégration (extrait du chap. III) :

« L’envahissement du modernisme, les moyens puissants dont il dispose, rendent vaine toute tentative de restaurer extérieurement la grandeur de l’islâm. En particulier, le rétablissement du califat ne sera pas possible avant l’heure fixée par Dieu. Parmi les noms d’Allâh, al-Haqq présente la particularité de désigner Dieu Lui-même ; or, ce nom signifie à la fois “la vérité” et “le droit”. La force de l’islâm n’est pas dans sa puissance extérieure, qui appartient au domaine des réalités contingentes, elle est dans sa vérité et dans son droit qui sont universels et indépendants de toute manifestation visible de la puissance divine : Allâh est l’“Indépendant à l’égard des mondes” (ghanî ‘an al-‘âlamîn). Il importe d’affirmer aujourd’hui l’essence unique et incomparable de la lumière prophétique dont procède l’islâm dans sa pureté et son intégrité. Encore faut-il comprendre en quoi celle-ci consiste, et c’est pourquoi nous nous sommes efforcé de la définir dans la présente étude. Les trois maîtres que nous avons cités sont ceux dont les écrits renferment les repères doctrinaux utiles à cette compréhension. Ibn Arabî, René Guénon, Michel Vâlsan sont les auteurs dont nous reconnaissons la pleine autorité doctrinale pour la proclamation, face au monde moderne, de l’identité islamique véritable en conformité avec l’ordre divin donné au Prophète à l’origine de la révélation : “Iqra’”, c’est-à-dire : “Proclame !” C’est là ce qui est requis de la communauté islamique dans la phase actuelle, qui correspond à une situation de guerre sainte... »